Chapitre 16

Ça glisse dans les coulisses! 

 Enfin! Nous allons nous payer une promenade dans la brousse africaine, j'ai toujours rêvé de faire ça, avait lancé le docteur Watson en arrivant à l'aéroport pendant que lui et Sherlock cherchaient désespérément l'avion qui devait les amener vers l'Afrique noire.

Nos aventuriers détectives ne tenaient plus en place ni l'un ni l'autre, courant dans tous les sens pour retrouver leur avion. Et ce n'est qu'une heure plus tard, après avoir inspecté tous les recoins, qu'ils trouvèrent finalement l'appareil derrière le hangar 51 sur une piste de gravelle cahoteuse, non loin des chiottes où les travailleurs de la voirie de l'aéroport avaient l'habitude de faire leurs besoins urgents. A la vue d'une telle antiquité, la déception fut grande pour Watson. A vrai dire, il était estomaqué de voir l'avion en si piteux état.

Watson: Ne me dites pas que nous allons voyager dans cette casserole!

Sherlock: N'ayez crainte docteur, comme le dit le vieil adage; l'extérieur n'est pas toujours le miroir de l'intérieur.


Watson: C'est à voir!

Sherlock: Entrons, nous verrons bien.

N'écoutant que leur courage, ils se mirent à escalader les marches chancelantes qui menaient à l'appareil. A chaque pas, l'escalier menaçait de s'effondrer sous leur poids. Ignorant le danger, ils continuaient leur ascension dans un bruit de grincement de métal infernal pour découvrir avec stupéfaction que la porte de la carlingue était coincée. Sur la porte, on pouvait lire une inscription qui laissait à réfléchir; "L'autre porte s.v.p."

Sherlock, le front appuyé sur le hublot crasseux, essayait de voir à l'intérieur. Sa stupéfaction allait grandissant lorsqu'il crut remarquer une hôtesse qui leur faisait de grands signes d'impuissance en haussant les épaules.

Watson: Voyez-vous quelque chose Sherlock?

Sherlock: Je vois une hôtesse qui semble trop occupée pour nous ouvrir cette satanée porte. Elle me fait des signes incohérents. On dirait une marionnette des sentinelles de l'air.

Watson: Laissez tomber et essayons de trouver cette autre porte.

Agrippés solidement à la rampe, ils redescendaient au sol quand soudain, un pilote sorti tout droit d'une trappe située sous l'appareil, leur cria quelques mots dans un dialecte incompréhensible.

Sherlock crut bon de s'adresser à lui car, expliqua-t-il à Watson, il faut établir un lien de confiance si nous voulons éviter les ennuis et si nous ne voulons pas qu'il nous prenne pour des terroristes.

Watson: Vous avez raison, évitons de semer le doute et tout se passera bien.

Sherlock: Sayonara mon brave! Parlez-vous notre langue?

Le pilote: Ash liebidich shaloune!

Watson: Mon dieu, on dirait un mélange d'allemand et d'araméen ancien. Attendez, j'ai un petit dictionnaire d'allemand dans ma poche. Voyons voir. Ash... euh ... liebidich.. ah oui, je l'ai Sherlock! Ça voudrait dire; j'ai soufflé dans la baloune.

Sherlock: Vous voyez bien que ça n'a pas d'allure qu'il dise ça. C'est un avion, pas une mongolfière pardi! Attendez je vais lui parler en suédois, on ne sait jamais. Fresh kitchin in misternet zin braoule?

Dès que Sherlock eut posé sa question, le jeune pilote tourna les talons et s'éloigna.

Watson: Mais qu'est-ce que vous lui avez dit? Vous l'avez fait fuir grand Dieu!

Sherlock: Je n'sais trop, je ne suis qu'à la première année de mon cours de swedish.

Watson: Attendez, je regarde dans mon dictionnaire. Ah ! Vous lui avez dit d'utiliser une cuillère à soupe pour nettoyer la cuisine avec du monsieur Net.

Soudain, un deuxième pilote sortit de la même trappe.

Sherlock: Allons voir celui-là docteur, peut-être aurons-nous plus de succès avec lui.

Nos deux amis s'approchèrent du pilote...

Sherlock: Bonjour mon ami, est-ce que vous parlez français?

Le pilote: T'as pas une clope?

Watson: Une clope?!? Qu'est-ce qu'une clope Sherlock?

Sherlock: C'est un terme utilisé pour la reconnaissance entre adeptes d'une secte ou d'un organisme particulier. Un peu comme les Chevaliers de Colomb qui se frottent le bord du nez, le Club Optimiste qui se frottent le lobe d'oreille, les Témoins de Jéhovah qui se frottent le crucifix, l'Opus Dei qui se frottent le silice et les raéliens qui se frottent le bord de...enfin, cette partie de l'abdomen qui se trouve entre le nombril et le haut de cuisse.

Watson: N'allez pas plus loin, j'ai compris.

Le pilote: Une clope messieurs! S'il vous plaît!

Watson: Nous ne sommes d'aucune secte mon ami. Alors plutôt que de chercher un confrère clopiste, dites-nous par où passer pour atterrir dans cette boîte à sardines qui vous sert d'avion.

Le pilote: Vous devez obligatoirement passer par la soute à bagages, y laisser toutes vos valises et entrer dans l'avion. C'est la consigne.

Watson: Merci pour le renseignement mon ami et bonne recherche d'un clopain-clopan de clope.

Après avoir grimpé, difficilement, par la trappe de l'avion, comme le suggérait le pilote, Sherlock et Watson finirent par s'installer à l'intérieur en n'oubliant pas de laisser leurs bagages dans la soute, puisque c'était la consigne. L'appareil était déjà plein à craquer.

Une hôtesse veillait à ce que chaque passager soit assis confortablement. Elle allait de-ci de-là comme une abeille butinant les fleurs, discutant gentiment avec chacun, histoire de détendre l'atmosphère. Juste au moment où elle allait s'adresser au docteur et à Sherlock, un objet pointu se glissa en travers de ses talons hauts, lui faisant perdre l'équilibre. Elle s'étala de tout son long comme une crêpe dans l'allée centrale. Rapide comme l'éclair et souple comme une contorsionniste du cirque du soleil, elle se releva d'un bond, scrutant tous les regards qui s'étaient tournés vers elle. Elle brandit le parapluie responsable de sa chute et, cherchant du regard le coupable, ses yeux d'un bleu d'azur s'immobilisèrent fixement sur Sherlock qui discutait nonchalamment avec Watson. Réalisant alors ce qui s'était vraiment passé, elle s'adressa à Sherlock d'un air furieux.

L'Hôtesse: Je m'excuse cher monsieur mais vous semblez ignorer que les bagages doivent être déposés dans la soute à bagages avant de vous présenter à bord de l'avion. Alors pouvez-vous m'expliquer ce que vous faites ici avec ce parapluie qui a failli me tuer ou me rendre infirme pour le reste de mes jours?

Sherlock: Pardonnez-moi ma chère, je n'avais pas remarqué qu'il dépassait dans l'allée, je suis confus.

Watson: D'autant plus qu'il s'occupe déjà d'un réseau de paraplégiques à Londres, dans ses heures de loisirs et qu'il aurait su vous donner un fier coup de main pour la réadaptation après le choc traumatique.

Sherlock: Voyons Watson! N'en faites pas trop. Je ne suis quand même pas mère Thérèsa.

Watson: Excusez-le mademoiselle, il est souvent distrait mais il n'est pas méchant, ajouta- t-il avec son plus charmant sourire. D'ailleurs Sherlock, pendant qu'on y est, voulez-vous bien me dire ce que vous faites avec ce parapluie dans l'avion?

Sherlock: Je voulais prendre mes précautions au cas où il n'y aurait pas de parachute.

L'Hôtesse: Bon ça va, vous êtes pardonné et rassurez-vous messieurs, vous n'aurez besoin ni de parachute et encore moins de parapluie car cet avion a beau être d'un modèle très ancien, il est solide comme le roc et léger comme un oiseau.

Watson: Comme c'est bien dit (re gros smile etc. etc.)

(L'éditeur: Bon quessé ça encore!)
(L'auteur: quoi? de quoi s'agit-il?)
(L'éditeur: Faites pas l'innocent. Seriez-vous devenu paresseux à ce point que vous vous serviez de ce genre de parenthèse pour glisser en douce sur la description qui, selon moi, est très importante? Alors cessez ces faufilures inutiles et travaillez vos mises en situation!)
(L'auteur: Okay, j'ai compris, je vais faufiler davantage.)



Pendant ce temps, dans le cockpit, deux pilotes, deux frères de nationalité un peu bizarre discutaient des conditions météo.

Ishlev Tarh: Le temps se prête bien par sa couleur à un voyage en douceur cher co-pilote.

Ishcouch Tarh: On ne peut plus d'accord avec toi frérot!

Ishlev Tarh: C'est bizarre, nous venons de décoller et j'ai déjà un p'tit creux.

Ishcouch Tarh: Tu as faim? Moi aussi, crois-tu qu'on pourrait commander tout de suite?

Ishlev Tarh: Appelle l'hôtesse!

Ishcouch Tarh: Dac! Écrapoutine Lapâte, vous êtes demandée dans le cockpit! Écrapoutine Lapâte, vous êtes demandée dans le cockpit!

Aussitôt, l'hôtesse se présenta derrière les deux pilotes.

Écrapoutine Lapâte: Que puis-je faire pour vous aider messieurs?

Ishlev Tarh: J'ai un petit creux alors est-ce que le dîner est prêt?

Écrapoutine Lapâte: Il le sera dans une petite demi-heure!

Ishlev Tarh: J'ai vraiment faim, il n'y aurait pas un reste d'hier par hasard?

Écrapoutine Lapâte: Il y a des restes de poisson que je pourrais vous faire réchauffer dans le micro-onde rapidos.

Ishlev Tarh: Parfait! Pour deux pilotes qui ont faim s'il vous plaît.

Écrapoutine Lapâte: Je reviens tout de suite!

Quelques instants plus tard, les pilotes se régalaient tout en contemplant le ciel bleu, pendant que, dans les cuisines, les hôtesses se préparaient à servir les passagers. Le menu comportait deux choix de repas; les langoustines en papillotes frites dans l'huile de testicules de dromadaires ou encore l'esturgeon en filets étouffé dans la panure grillée. Le repas terminé, les passagers avaient bien mangé et sirotaient leurs digestifs, quand soudain, l'appareil sembla zigzaguer à travers les nuages. Sherlock, toujours aussi perspicace, soupçonnait quelques difficultés dans le cockpit. Au même instant, l'une des hôtesses s'approcha de lui.

Hôtesse: Vous êtes bien sir Sherlock Holmes?

Sherlock: Oui!

Hôtesse: Le célèbre détective?

Sherlock: Oui! Puis-je vous aider?

Hôtesse: Voulez-vous me suivre s'il vous plaît?

Sherlock: Bien sûr! Watson, gardez mon siège.

Watson regarda son collègue s'éloigner dans l'allée sans dire un mot. Curieux de ce contre-temps, il jeta un coup d’œil sur les autres passagers mais ne vit rien qui pouvait lui donner un indice d'une quelconque difficulté. Cependant, son regard s'arrêta sur son voisin de gauche qui tenait dans sa main un collier bizarre avec une petite boîte rouge à sa base. Se penchant vers lui ...

Watson: C'est une nouvelle forme de collier?

L'homme le regarda un instant, puis...

L'homme: En fait, c'est un collier pour les chiens.

Watson: Ah! Et ça sert à quoi au juste, l'empêcher d'aboyer?

L'homme: C'est similaire mais dans ce cas-ci, c'est pour les empêcher d'aller uriner sur les gazons des voisins. Vous savez les petits ronds jaunes sur la pelouse?

Watson: Ah oui! Les genres de petits crop circles? Mais dites donc vous, est-ce possible que les cercles céréaliers que l'on retrouve un peu partout dans le monde soient causés par de l'urine de...disons que cela prendrait tout un animal pour faire ces ronds-là n'est-ce pas? Alors, enfin bon, oubliez ça!

L'homme: En réalité, je ne suis pas un expert en agriculture mais en sauvegarde de la nature, je parcours le monde entier afin d'aider à stopper ceux qui détruisent la nature.

Watson: Mais oui, bien sûr, vous travaillez pour Green Peace?

L'homme: Euh...disons que je travaille pour la SPCLGP.

Watson: Attendez, laissez-moi deviner, je suis un expert dans le déchiffrage des acronymes. La Société Pour Contraindre Les Gros Pisseurs, c'est ça?

L'homme: Non! La...

Watson: Attendez, attendez! La Société Pour Carrément Ligaturer Les Gros Pisseurs, c'est ça?

L'homme: Non! En fait, et pour ne pas y passer la nuit, c'est la Société Protectrice Contre les Graines Pisses.

Watson: Ah c'est bon, dit-il en hochant de la tête. Comme je disais tantôt vous êtes ni plus ni moins semblable au mouvement Green Peace.

L'homme: Non puisque nous sommes contre les Graines Pisses.

Watson: Oui, ça je sais mais moi je parle de Green Peace qui veut dire Paix Verte.

L'homme: Ah, je ne connais pas, c'est comme nous finalement, nous protégeons les verts pâturages.

Watson: Bien sûr, mais c'est pas tout, il y a la Paix Verte comme vous savez maintenant, mais il y a aussi les chevaliers de l'Ordre vert et le ketchup vert qui est délicieux avec de la dinde fourrée aux atocas ou est-ce atacas ou entéka, enfin je n'sais plus...

L'homme: Je connais bien le ketchup, en ayant moi-même manufacturé pour mes besoins personnels mais les chevaliers de l'Ordre vert, connais pas, c'est une sorte de gâteaux?

Watson: Non, mais c'est sûrement digestible puisqu'on essaie de nous faire avaler cette idée depuis des lunes. En bout d'ligne, ils nous prennent pour des poissons, enfin, c'est pas important.

Soudain, Sherlock entra en trombe dans la section passager.

Sherlock: WATSON, WATSON! Venez j'ai besoin de vous.

Watson: Calmez-vous mon ami, qu'est-ce qui se passe?

Sherlock: Venez avec moi, nous avons un sérieux problème, pire que sur le Titanic.

Watson: Mais mon Dieu! Qu'est-ce qui peut être pire que le naufrage du Titanic? Le crash de l'avion peut être? Hahahahaha!

Sherlock: C'est exactement cela!

Watson: Gulp! Z'êtes pas sérieux?

Sherlock: J'ai besoin de votre expertise mon cher collègue.

Les deux personnages principaux de ce roman se dirigèrent en courant vers le cockpit. Aussitôt rendu sur les lieux, voyant les deux pilotes au sol Watson prit conscience de la catastrophe qui les attendait. Se retournant vers l'hôtesse...

Watson: Comment sont-ils morts?

Hôtesse: Je crois qu'ils ont mangé du poisson au menu.

Watson: My God! C'est ce que j'ai mangé aussi.

Sherlock: Vous êtes encore sur pied, alors c'est la preuve que vous êtes intuable.

Watson: Très drôle Holmes! Je ne me sens pas bien du tout là.

Sherlock: Arrêtez votre baratin, vous n'êtes même pas vert.

Watson: Je ne me sens pas bien du tout, je dois aller aux toilettes. Attendez-moi, je reviens dans un moment.

Sherlock: Faites vite, nous n'avons pas toute la journée.

Watson se dirigea vers les toilettes dégueuler son poisson. Cette nouvelle l'avait perturbé au plus haut point. Il devait mettre ses doigts au fond de sa gorge pour provoquer le dégueulement, mais n'y arrivait pas. Il détestait vomir. Il tournait en rond dans l'espace restreint de la toilette, quand il entendit quelqu'un frapper à la porte.

L'homme: Il y a quelqu'un ?

Watson: Oui et allez vous faire voir ailleurs! J'ai pas fini.

L'homme: Monsieur Watson? C'est moi, le spécialiste de la SPCLGP!

Watson: Et alors?

L'homme: Je ne peux plus me retenir, je dois vider ma vessie.

Watson: Enfilez votre collier bon Dieu et foutez-moi la paix.

De retour de sa mauvaise aventure dans le cabinet d'aisance, Watson était prêt à affronter le pire.

Sherlock: Vous voilà enfin!

Watson: J'me suis vidé de cette merde, maintenant j'me sens d'aplomb.

Sherlock: Rien ne vaut mieux que de chier un bon coup. Maintenant, nous devons prendre le contrôle de cet appareil docteur et si j'ai bonne mémoire, vous avez déjà piloté dans votre jeune temps.

Watson: Euh...

Sherlock: C'était pas un 747?

Watson: Hein?

Sherlock: Mais si, vous m'avez affirmé avoir piloté un 747 dans votre tendre jeunesse.

Watson: Je vous ai dit que je conduisais une Studybaker 7 cylindres, 4 portes à 7 pistons. Mais pas un aéroplane, une voiture!

Sherlock: Ah! Donc, nous sommes vraiment dans de beaux draps.

Watson: Si nous étions dans de beaux draps, nous ne serions pas ici à penser que nous allons finir dans de beaux cercueils.

Sherlock: Bon, prenons ce bel oiseau par la queue et organisons-nous pour poser cet appareil coûte que coûte.

Sentant la panique de l'hôtesse et désireux de la réconforter, Watson affirma que finalement, oui, il avait bien son brevet de pilote monoplace. Ce qui rassura la pauvre petite qui pleurait toutes les larmes de son si délectable corps.

Watson: Allez vous reposer dans votre compartiment jeune fille, nous on s'occupe de tout ici.

L'hôtesse quitta le cockpit encore ébranlée par la situation qui ne s'améliorait guère. Aussitôt partie...

Watson: Et si nous appelions la tour de contrôle?

Sherlock: Bonne idée!

Watson: Asseyez-vous cher ami, je prends les choses en main!

S'étant installés tous les deux dans les sièges de pilote et co-pilote, le docteur prit le micro et s'adressa aux passagers.

Watson: Mesdames et messieurs, c'est le docteur Watson qui vous parle, commandant en second pour vous servir. Nous serons probablement en retard de quelques minutes sur l'horaire prévu. En effet, la tour de contrôle vient de m'annoncer que l'aéroport est fermé, le temps que l'on évacue les débris du dernier appareil qui s'est écrasé. Merci de faire confiance à Air Africa pour vos déplacements.

Sherlock: Mais pourquoi les alarmer davantage?

Watson: J'use de psychologie mon cher. C'est exactement comme lorsque vous étiez étudiant. Pour éviter que vos parents piquent une crise de nerfs lorsque venait le temps de leur annoncer que vous aviez échoué votre examen, vous leur disiez que certains de vos collègues de classe avaient eu zéro et que vous étiez à la limite de passage. Alors la nouvelle passait mieux. Par la comparaison vous réussissiez à minimiser la colère de vos père et mère.

Sherlock: J'ai toujours eu des notes exemplaires moi monsieur, alors je n'avais jamais à mentir.

Watson: Pas étonnant venant de vous.

Sherlock: Et qu'est-ce que cela veut dire au juste?

Watson: Euh rien!

Sherlock: Vous devriez contacter la tour de contrôle au lieu de faire le pitre.

Watson: Où est le bouton?

Sherlock: Ici! clic! Allez-y!

Watson: Un, deux! Un, deux! One, two testing! One, two testing! Y a quelqu'un au bout du fil?

La tour: Ici la tour de contrôle, indiquez-nous votre position.

Watson: Nous sommes dans la cabine de pilotage.

La tour: Vous n'avez pas bien compris, je dois savoir votre longitude et votre latitude.

Watson: Ne soyez pas inquiet, j'ai l'attitude que je veux bien avoir dans ce genre de situation. Je suis las de tirer sur ces manettes et ces boutons. Où sont les freins bon dieu? Les nuages filent à toute vitesse et j'ai l'impression qu'on va s'écraser.

La tour: Calmez-vous, prenez les commandes et gardez l'assiette à niveau.

Watson: C'est pas les hôtesses de l'air qui prennent les commandes d'habitude? Si vous pensez que j'ai le temps de faire ça en plus.

La tour: Pour le moment, veillez à maintenir l'avion dans l'assiette, c'est primordial.

Watson: Je vous ferai remarquer que l'avion est dans les airs et l'assiette dans la cuisine.

La tour: Quand je dis l'assiette, je parle du niveau de l'avion. Alors il faut la mettre au niveau et exécution!

Watson: Quel espèce d'idiot m'a foutu un imbécile semblable à la tour de contrôle. C'est plus facile à dire qu'à faire. Vous saurez que j'ai les deux mains occupées à tenir le manche à balai cher monsieur.

La tour: Je ne vous ai pas demandé de faire le ménage de la cabine, je vous ai simplement dit de maintenir l'assiette au niveau et de tenir les commandes de l'avion, c'est pas si compliqué que ça à comprendre. Observez votre tableau de bord.

Watson: Je ne fais que ça bon Dieu! Même pas moyen de voir la ligne blanche avec tous ces appareils électroniques.

La tour: L'indicateur de l'assiette est en plein centre, c'est une boule avec une ligne horizontale qui la traverse.

Watson: Ah! Cette boule qui ne cesse de gigoter? Oui, oui je la vois maintenant!

La tour: Bien, alors, est-elle au niveau?

Watson: Oui, oui, elle est au niveau.

La tour: Bravo! C'est un bon indice.

Watson: Ah voilà un homme qui sait reconnaître la compétence, je suis maintenant un pilote Sherlock et en passant, mettez ça dans votre pipe!

La tour: Maintenant c'est pas tout, vous devez faire attention à la turbulence du sillage et pour ce faire, garder l'oeil sur le contrôle latéral du stabilisateur de pressurisation.

Watson: Le prestateur de stabilisation de quoi!?!

La tour: Foutez-moi l'appareil sur le pilote automatique, au moins lui il m'écoute.

Watson: Mais qu'est-ce qu'on pourrait faire d'autre pour éviter le crash éventuel, avez-vous une idée vous, ti-Joe connaissant?

La tour: Il faut jeter du lest, vider l'avion de tout ce qui n'est pas utile. La moindre poussière pourrait vous ralentir. Passez l'aspirateur si nécessaire.

Watson: Il me semble que vous me disiez que je n'avais pas à faire le ménage?

La tour: Je vous ai dit de jeter du lest, c'est-à-dire, les bagages, la vaisselle, la bouffe et s'il le faut, passer l'aspirateur sans oublier de jeter le sac par dessus bord ainsi que l'aspirateur.

Watson: Mais que vont dire les passagers si on se débarrasse de leur bagages?

La tour: Faites une annonce sur la gravité de la situation, ils vont comprendre.

Watson: D'accord!

Watson: Mesdames et messieurs, l'appareil est trop lourd alors nous devons foutre vos biens et services par dessus bord. Je comprends que plusieurs d'entre vous ne soient pas d'accord avec le principe, mais c'est à vous de décider. Si vous ne voulez pas que l'on jette vos bagages, c'est vous qui allez passer par dessus bord, alors c'est votre choix, sauver vos bagages ou votre personne.

Sherlock: Voilà qui est clair!

La tour: Bravo! Maintenant je dois vous quitter, j'ai un hélicoptère qui est en feu et je dois absolument récupérer la boîte noire avant qu'il ne s'écrase. Bonne chance! Ici la tour. Terminé!

Pendant que Sherlock et Watson discutaient dans la cabine de pilotage, l'interphone était resté allumé et les passagers entendaient leur conversation, ce qui n'était pas très rassurant.

Watson: Misère! Je n'ai aucune compétence pour piloter un avion. Si jamais ça se savait ce serait la panique dans l'appareil. Maintenant que la tour nous a laissé tomber, dieu sait ce qui va arriver. Merde c'est quoi tous ces boutons et ces lumières qui clignotent?

Sherlock: Mais je pensais que vous étiez sérieux tout à l'heure quand vous avez dit à l'hôtesse que vous aviez votre brevet de pilote.

Watson: Bof! j'ai dit ça pour la rassurer et je voulais impressionner la fille, vous voyez le genre?

Sherlock: Maintenant que la fille est impressionnée, qu'allez-vous faire pour nous sortir de ce pétrin?

Watson: Je pourrais toujours lui offrir votre parapluie, elle est tellement mignonne.

Sherlock: Très drôle et fermez donc cet interphone!

Watson: Vous savez Sherlock. je crois sincèrement que nous sommes foutus.

Sherlock: Vous croyez? Alors qu'elle est la solution selon vous?

Watson: Vérifiez donc par hasard s'il n'y aurait pas deux bons parachutes dans cette cabine.

Sherlock: Il y en a deux ici, sous nos sièges respectifs.

Watson: Alors qu'attendons-nous, ayons le courage de laisser tous nos ennuis derrière nous et sautons!

Sherlock: Vous devriez au moins faire une petite annonce afin d'aviser les passagers de la situation, moi, j'aimerais savoir que je vais mourir avant de mourir. Mais allez-y avec douceur et optimisme si vous voyez ce que je veux dire.

Watson: Bien compris! Mesdames et messieurs, nous assistons à un spectacle grandiose, un spectacle que vous n'aurez jamais la chance de revivre dans votre courte vie. Nous voyons la piste de l'aéroport se rapprocher inexorablement à une vitesse folle et elle s'apprête à nous sauter dessus alors sauve qui peut et chacun pour soi. Il vous reste à peine le temps pour coudre quelques napkins ensemble pour vous confectionner un parachute et bonne chance à tous.

Sherlock: Parfait! Maintenant, nous pouvons fuir ce tombeau volant, j'en ai assez de toute cette vue aérienne. J'ai l'adrénaline dans l'plafond, sautons au plus vite!

Laissant les passagers à eux-mêmes et pressés d'en finir avec cette tension insoutenable, nos deux amis se lancèrent à corps perdus dans la tourmente et après une longue descente et plusieurs vrilles, ils atterrirent dans un champs de coton. Émerveillé de ce heureux hasard, Sherlock se tourna du côté de Watson ...

Sherlock: Heureusement que nous sommes tombés dans un champs de coton. C'est plus moelleux pour amortir la chute.

Watson: Moi je dirais plutôt un champs de coton-tige si vous voulez mon avis. J'ai une branche coincée dans l'entre-jambe merde!

Sherlock: Cessez donc de faire le difficile. Au moins nous ne sommes pas morts. Mais j'y pense, notre médecin nous attendait à l'aéroport. Comment allons-nous la retrouver maintenant?

Watson: Merde! Vous auriez dû me le dire plus tôt. J'me serais arrangé pour que l'on saute plus près de la ville. Je croyais que vous ne vouliez pas de témoins, puisqu'on a laissé tomber ces pauvres bougres de passagers. Nous les avons envoyés à la mort Sherlock, vous y avez pensé à ça?

Sherlock: Bah! Au fond, ils seraient tous morts un jour ou l'autre non? Allons, ne vous en faites pas Watson et allons vers l'aéroport.

Watson: Vous n'avez pas peur qu'on nous reconnaisse?

Sherlock: Comment pourraient-ils nous reconnaître si tout le monde est mort?

Watson: Tiens, prenons ce sentier qui nous mènera certainement dans un petit village rustique où nous pourrons bouffer des mets typiques et exotiques.

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